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Mirthe parle de son concert à Perros-Guirec, à la fin de son interview.

La Tribune - Interview de Mirthe

La musique ne connaissant pas les frontières, c'est vers les Pays-Bas que La Tribune va porter ses regards. Et plus précisément sur Mirthe Verneuil, une musicienne qui a eu un véritable coup de coeur pour la France, au point de s'y installer. Tant mieux pour nous, car elle nous régale aujourd'hui avec ses compositions...

Mirthe Verneuil : Une belle route musicale, entre Hollande et Bretagne...

Michel Martelli : Mirthe, tu nous arrives des Pays-Bas. Tu nous en dis plus ?

Mirthe Verneuil : "Je suis née aux Pays-Bas, oui, plus précisément à Schoonebeek, dans le nord-est du pays, à tout juste cinq kilomètres de la frontière allemande. Je ne suis pas arrivée particulièrement dans une famille très impliquée dans la musique. Je me souviens avoir entendu parler d'un grand-oncle, qui possédait "l'oreille absolue", et qui jouait de nombreux instruments avec beaucoup de facilités, mais je l'ai en fait peu connu, et je ne peux pas dire qu'il ait été d'une quelconque influence pour moi...

Car lorsque j'étais adolescente, je cumulais - comme beaucoup à cet âge - les envies de métiers les plus diverses. Avec déjà une fibre artistique qui vibrait, puisque j'avais envie de devenir comédienne et je visais même une Académie de théâtre. Pourtant, une fois mon Bac en poche, ce sera vers des études d'histoire que je me tournerai. Et, à côté de ça, je ressentais l'envie aussi d'écrire. Ecrire des romans pour la jeunesse, pour enfants et adolescents entre 11 et 16 ans. Tu vois, l'art étendait déjà ses ailes, chez moi... L'idée d'entrer au Conservatoire me travaillait déjà aussi, et, aux Pays-Bas, quand tu rentres au Conservatoire, c'est "un job" à plein temps...

Pour mes sept ans, je vais entrer - en classe de solfège, d'abord - à l'école de musique de Schoonebeek. En solfège et ce que nous appelons "formation de base" pendant laquelle tu n'es encore pas sur un instrument. Ces deux années passées, à l'occasion d'une journée "portes ouvertes", je vais avoir un coup de coeur pour le violoncelle. A un point tel que, dès mes neuf ans, je vais m'inscrire dans une classe de violoncelle classique, à Coeverden, où je resterai six ans au total, connaissant deux professeurs différents. Je dois dire que ma première professeure, non seulement m'a véritablement fait découvrir l'instrument mais en plus, elle m'en a donné vraiment le goût. Malheureusement, elle tombera malade, et abandonnera ses cours. Je l'ai beaucoup regrettée..."

M. M. : Pourtant, ce n'est pas sur cet instrument que tu t'es faite connaître...

M.V. : "C'est vrai. Dans la même période que tout ceci, mon frère, Jelmer, s'était mis à la guitare. Après six années passées au service du violoncelle, et comme lui-même n'avait pas poursuivi dans cette voie, j'ai récupéré sa guitare, et j'ai commencé à en jouer - j'avais seize ans - d'abord en totale autodidacte. Et puis, j'ai quand même suivi une année de vrais cours, ne serait-ce que pour avoir des bases plus complètes. Et cette année m'a, en fait, suffi. En "fingerpicking", je jouais des titres des Beatles ou des standards du folk américain, comme certains titres de Joan Baez...

Est-ce que je me suis produite, à ce moment-là; en public ? Non, sûrement pas. En fait, j'étais quelqu'un de très timide, et jouer en public, c'était, à ce moment-là, beaucoup me demander ! Même si, pourtant, j'avais en moi le désir profond de chanter. Mais je ne pensais pas du tout à composer moi-même, et encore moins à en faire un métier. Non, j'assouvissais juste ma passion...

Les cours de guitare auront quand même renforcé ma confiance en moi-même? Une année plus tard, je prenais aussi des cours de chant, qui ont aussi duré presque un an, et qui m'auront beaucoup apporté. Je commençais à me produire, mais dans le seul cadre de l'école de musique... notamment sur le titre "Zombie", des Cranberries, où j'assurai chant et guitare, bien sûr..

Le violoncelle ? Je l'avais mis un peu de côté, et je ne le reprendrai qu'une fois arrivée en France, en 2011..."

M .M. : Parlons-en, justement. Comment se fait la rencontre avec notre pays ?

M. V. : "J'ai passé tout un été en France, dans les Deux-Sèvres, en tant qu'animatrice et interprète dans un camping. D'entrée, j'ai adoré la France. Et, après ce premier contrat, je suis retournée aux Pays-Bas mais je n'y suis pas restée très longtemps, car j'avais trouvé un appartement en France, et j'ai déménagé pour m'installer définitivement au bout de seulement six mois. Pendant toute une année, j'ai travaillé encore plus mon français, et puis je suis partie m'installer en Bretagne, du côté de Rennes, où je suis encore aujourd'hui. Côté professionnel, je n'avais pas encore trouvé ma voie, mais j'avais fait des études de naturopathie, que je comptais développer.

En 2013, un premier "concert" me permet de m'exprimer sur des reprises rock-folk, à la guitare et au chant. Et, à la suite de ça, l'envie de reprendre sérieusement le violoncelle me gagne à nouveau, et j'ai assouvi cette envie, couplant un temps ces deux voies, entre le rock-folk à la guitare, et le violoncelle en classique. Sans interférences entre les deux à ce moment-là, ce que je tenterais plus tard. Lorsque je me produisais, j'étais la plupart du temps seule en scène. Et puis je n'avais que quelques petits concerts ici et là, même si tout cela était encourageant pour moi..."

M. M. : Et puis une rencontre va beaucoup t'apporter...

M.V. : "Oui, c'est vrai. En 2014, je vais rencontrer celui qui est aujourd'hui mon mari, Rémy Verneuil. Rémy est photographe, peintre, poète, écrivain, réalisateur... c'est une personnalité riche, qui m'a fait très vite énormément progressé. Nous nous sommes rencontrés dans la région de la forêt de Brocéliande, alors que je me produisais sur des titres de Bob Dylan... un spectacle qui lui avait beaucoup plu..

Je me suis accordée une pause.. naturelle.. pour jouer mon rôle de maman, notre fille Stella-Maris venant au monde en 2016.

En 2017, j'avais repris mes deux activités, de musicienne et de naturopathe, mais, assez curieusement, c'est le côté "musicienne" qui va connaître alors un bon développement. Rémy était devenu, d'une façon très naturelle, mon agent et notre collaboration va très vite devenir fructueuse.

Je t'ai dit qu'à ce moment-là, j'étais sur des reprises guitare-voix. Je vais très vite ajouter à ma panoplie le piano - le piano que j'avais eu aussi l'occasion d'apprendre, sur une voie classique, mais que j'ai conservé par la suite sur mon style rock-folk.

Et puis, en 2018, je vais ajouter, pour la scène, la harpe celtique, un instrument aux sonorités très douces, qui me suit toujours actuellement. Et aujourd'hui, lorsque je me produis, j'enchaîne ces trois instruments, la guitare, le piano et la harpe. Je me produis toujours en solo, même s'il m'est arrivé de faire quelques petites collaborations, comme celles avec le contrebassiste Terry Lark."

M. M. : Quand as-tu commencé à composer ?

M.V. : "Avec Rémy, dès 2020 nous avons commencé à composer nos titres. C'était  tout juste avant le  premier confinement dû à la Covid qui, pour le coup, nous a bien aidés. Assez rapidement, une première série de dix chansons a vu le jour. Avec Rémy, nous nous influençons mutuellement et c'est un plairsir de chaque jour de composer ensemble. Je dirai que 80% des textes sont de Rémy, et 80% de la musique vient de moi.

Un premier E.P, de six titres, 'Eclosion", va sortir en septembre 2020. Et il va véritablement bien porter son titre, puisqu'il a engendré la production future de nombreux autres titres. Dès l'année suivante, nous avons enregistré des chansons traditionnelles américaines, mais tout en français. C'est un projet que nous portions depuis un certain temps déjà, Rémy traduisant de nombreux titres de Bob Dylan, en s'ingéniant chaque fois d'y coller au plus près.

Nous avons traduit et adapté une dizaine de titres de chansons américaines, que nous avons enregistrées pendant le second confinement - décidément des périodes très prolifiques, pour nous ! - sur un album de onze titres, cette fois, que nous avons appelé "Astres & Stries", en nous inspirant, pour ce titre, du drapeau américain "Stars and Stripes". Cet album est sorti fin 2021.

Pour les titres de Bob Dylan, nous avons dû différer la sortie de l'album que nous voulions lui consacrer. Dylan ayant cédé ses droits, c'est maintenant la maison Sony qui dot nous donner le feu vert.... depuis un an..."

M. M. : Que nous dis-tu, de ton actu d'aujourd'hui ?

M. V : "Nous avons commencé l'enregistrement d'un nouvel album, qui comportera une dizaine de compositions personnelles, et deux reprises. C'est un album qui est en cours de production, dont nous avons déjà le titre ( "Je suis là" ) et qui, je l'espère, sortira avant cet été 2024.

Evidemment, dans cet album, mon trio fétiche guitare-piano-harpe est bien présent, et nous y avons même rajouté des percussions.

Et, pour en revenir à mes premières amours, j'espère vraiment un jour reprendre sérieusement le violoncelle. Je reconnais que, pour le moment, je manque vraiment de temps... Mais j'aime toujours autant cet instrument. D'ailleurs, si je ne l'utilise plus, pour le moment, de façon "professionnelle", je m'en sers toujours, et le plus souvent possible, à titre privé.

Ah.. pour mes concerts à venir, l'été prochain, j'ai rajouté aussi sur scène une "loop-station", histoire de donner la sensation de jouer parmi d'autres instruments, notamment des percussions...

Sais-tu ce que j'aime, aussi ? Donner des concerts caritatifs. Comme celui que j'ai fait dernièrement à Perros-Guirrec, au bénéfice des malades d'Alzheimer. Ce jour-là, nous avons pu donner 2 700 euros à l'association partenaire, et c'était une grande joie. C'est quelque chose que je m'efforcerai de reproduire, épisodiquement. Je me suis impliquée aussi, mais avec d'autres interprètes cette fois, dans un projet qui venait en soutien, et au profit, du peuple ukrainien.

Je serai toujours présente sur ces sujets, qui me tiennent vraiment à coeur, et cet engagement, Rémy et moi nous efforçons de le transcrire dans nos chansons. Comme faisaient en leur temps Bob Dylan ou Joan Baez...

Ce qui ne nous empêche pas de faire aussi des chansons d'amour, voire satyriques !..."

Propos recueillis par Michel Martelli

Que dire, face à "un coeur gros comme ça" ? Mirthe incarne à la perfection la douceur batave au travers des textes souvent engagés. Et c'est bien comme ça. Un grand merci à toi de nous avoir ouvert tes portes, et fait découvrir ton univers. Un vrai plaisir..


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